Laval, 29 octobre 2019 — L’enquête sur la rémunération des travailleurs et travailleuses oeuvrant dans le transport routier effectuée par le Camo-route ne reflète pas fidèlement la réalité dans l’industrie du camionnage. Cette enquête avait d’ailleurs été critiquée par des représentants des Teamsters lors de son dévoilement en avant-première il y a quelques mois.

Par exemple, le calcul de la rémunération au mile des camionneurs comporte une erreur méthodologique : un taux au mile ne devrait jamais comprendre le per diem puisque ce dernier n’est pas un salaire. Donc, les taux au mile présentés dans l’enquête ne reflètent pas adéquatement la rémunération des camionneurs et camionneuses.

« Un per diem n’est pas un salaire, tient à rappeler le président de la Section locale 106 des Teamsters, Jean Chartrand. Cette étude contribue à projeter une image inexacte des salaires versés dans l’industrie. »

Mentionnons que ce sont les employeurs qui ont fourni les réponses à cette enquête et non pas les travailleurs-euses. 

Clauses normatives déplorables

Si on fait abstraction de la partie dédiée à la rémunération des camionneurs-euses, on remarquera dans l’enquête qu’une entreprise sur deux seulement offre des congés payés, que 77 % des travailleurs auraient droit à des assurances collectives, mais qu’à peine plus de 50 % d’entre eux ont accès à un programme d’aide aux employés (PAE) et aux soins dentaires. 

De plus, à peine plus d’un travailleur sur deux a droit à un régime de retraite à cotisations déterminées et plus du tiers des travailleurs n’ont tout simplement pas droit à un régime de retraite.

Autre statistique qui dénote que l’industrie a encore énormément de chemin à faire : 42 % des compagnies de transport estiment que les travailleurs n’ont pas droit au paiement du temps supplémentaire et une compagnie sur trois n’offre pas de prime (de nuit, de fin de semaine, etc.).

« L’industrie devra s’ajuster rapidement, autrement la supposée pénurie de main-d’oeuvre va s’aggraver, met en garde le leader syndical. Les jeunes ne veulent tout simplement pas travailler dans de telles conditions. »

Les conditions de travail négociées par les Teamsters sont généralement supérieures de 15 à 20 % à ce qui est offert dans l’industrie. On n’a qu’à prendre la convention collective chez Midland transport qui comporte notamment des hausses salariales totalisant plus de 20 %.

Les Teamsters ne laisseront pas les employeurs utiliser cette étude comme prétexte pour offrir des miettes aux camionneurs lors de futures négociations puisque l’enquête ne dresse pas un tableau fidèle de la situation dans le transport routier.

Rappelons que le syndicat des Teamsters fait partie de Camo-route, une association visant à « appliquer une approche de concertation entre les partenaires sectoriels, régionaux, de l’emploi, du transport et de l’éducation » comme il est écrit sur son site Internet. Néanmoins, les Teamsters se dissocient des conclusions de la partie « rémunération » de cette enquête.

Le syndicat des Teamsters représente les intérêts de plus de 35 000 travailleurs-euses au Québec dans plusieurs secteurs d’activités, dont plus de 5500 dans l’industrie du transport routier. Teamsters Canada et ses 125 000 membres sont affiliés à la Fraternité internationale des Teamsters, dont l’effectif syndical est de 1,4 million de membres en Amérique du Nord.

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Renseignements :
Stéphane Lacroix, directeur des Communications et des Affaires publiques
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