Montréal, 11 novembre 2019 — Le président de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, donnait une entrevue à l’émission de Patrick Lagacé la semaine dernière sur les ondes du 98,5 fm concernant la rémunération des camionneurs. Le syndicat des Teamsters, qui représente les intérêts de plus de 5500 camionneurs-euses au Québec, est d’avis qu’il fait fausse route à bien des égards.

Pour remettre les choses en contexte, il est faut rappeler que l’Enquête sur la rémunération effectuée par Camo-route dont M. Cadieux fait mention a été critiquée par les Teamsters et pose problème en ce qui a trait à la méthodologie. Cette évaluation des conditions des camionneurs devrait d’ailleurs être en partie refaite.

Dans cette enquête, les chercheurs ont additionné le per diem au taux au mile versé aux routiers. Le per diem n’est pas un salaire, mais plutôt une indemnité qui est prévue pour rembourser les frais quotidiens assumés par une personne en déplacement dans l’exercice de ses fonctions. Par conséquent, M. Cadieux a lancé en onde un salaire farfelu qui n’a pas grand-chose à voir avec la réalité.

Le leader patronal a également « oublié » de parler de l’ensemble des conditions des travailleurs, sachant que les avantages sociaux, les régimes de retraite, les congés et le temps supplémentaire ne favorisent pas les travailleurs et travailleuses.

M. Cadieux semble vouloir utiliser cette enquête comme excuse afin de limiter les augmentations salariales versées aux camionneurs. De plus, contrairement à ce qu’il a dit, les salaires offerts par des transporteurs routiers n’ont pas été suffisamment ajustés avec le temps. 

Dans de nombreux cas, le métier de routier peut effectivement être considéré comme du cheap labour compte tenu du nombre d’heures qu’ils passent sur la route, c’est-à-dire 50, 60, voire 70 heures par semaine. C’est particulièrement vrai pour les travailleurs-euses non syndiqués-ées.

Bien que le syndicat des Teamsters ne soit pas opposé à l’embauche d’immigrants dans le transport routier, il ne faudrait pas ses servir d’eux pour maintenir les salaires bas.

Nous avons observé que de nombreux ex-routiers poursuivent leurs carrières comme chauffeurs dans des sociétés de transport, dans des compagnies comme Pepsi, Labatt, Coke et Molson ou dans des usines. Étrangement, ces ex-camionneurs choisissent généralement des entreprises syndiquées…

Les lamentations du président de l’ACQ – qui ne parle qu’au nom d’une poignée de transporteurs routiers – n’impressionnent pas les routiers. Il aurait intérêt à se reconnecter sur la réalité s’il veut sortir cette industrie du marasme dans lequel elle s’est plongée elle-même au cours des trente dernières années.

Le syndicat des Teamsters représente les intérêts de plus de 35 000 travailleurs-euses au Quéés, dont 5500 dans le camionnage. Teamsters Canada et ses 125 000 membres sont affiliés à la Fraternitéérique du Nord.

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Renseignements :
Stéphane Lacroix, directeur des Communications et des Affaires publiques
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