Montréal, le 31 janvier 2020 — Les chefs et agents de train, ainsi que les agents de triage du Canadien National ont voté à 91.3 % en faveur d’un nouveau contrat de travail d’une durée de 3 ans. Les intérêts de ces quelque 3000 travailleurs et travailleuses sont défendus par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC).

Le nouveau contrat de travail porte essentiellement sur la sécurité, notamment en ce qui concerne la fatigue des équipages et les heures de travail. L’accord a été conclu après une grève de 8 jours en novembre dernier. 

« Nous n’avons pas obtenu tout ce que nous voulions, mais nous avons tout de même réussi à conclure un accord équitable qui permet aux trains de continuer à rouler tout en améliorant la sécurité ferroviaire. C’est une bonne nouvelle pour nos membres, la compagnie et tous les Canadiens, » a déclaré le président national de Teamsters Canada, François Laporte. 

« Nous avons réussi à faire en sorte que le CN adapte certaines de ses pratiques dans l’intérêt de la sécurité. Mais le problème central de la fatigue dans l’industrie ferroviaire ne peut être résolu que par des réglementations gouvernementales », a ajouté le président de la CFTC, Lyndon Isaak. Le problème de la fatigue est encore loin d’être résolu. »  

Faits saillants du nouveau contrat

Au cours des négociations, l’entreprise a cherché à supprimer les dispositions de la convention collective relatives au repos tout en augmentant la charge de travail des chefs de train. Le syndicat a empêché que cela ne se produise. 

L’entreprise a accepté un certain nombre de changements relatifs à la sécurité sur le lieu de travail. Les améliorations apportées aux dispositions relatives au repos et à la fatigue sont d’une importance cruciale. 

Le CN ne reconnaît pas le repos comme une question de réglementation ou de sécurité. Ainsi, lorsque des travailleurs épuisés demandent à prendre du repos après avoir travaillé au-delà de la limite de 10 heures fixée par la convention collective, l’entreprise leur disait auparavant de « faire le travail maintenant et de déposer un grief plus tard » s’ils étaient mécontents. En vertu de la nouvelle convention, l’entreprise renoncera à cette politique lorsque des salariés-ées fatigués demandent à se reposer et à être soulagés, ce qui signifie qu’ils ne seront pas obligés de continuer à travailler. 

En vertu du nouvel accord, pour dissuader l’entreprise d’enfreindre les dispositions de la convention collective en matière de repos, les travailleurs-euses recevront une compensation supplémentaire lorsqu’ils seront contraints de travailler 30 et 60 minutes après leurs périodes de repos, y compris le personnel des trains et celui des gares de triage.

L’accord prévoit que les quarts de travail commencent et se terminent dans le vestiaire de l’employé, ou dans un autre lieu convenu, afin de préciser quand les travailleurs sont payés. Auparavant, l’entreprise comptait les déplacements vers les vestiaires des employés comme des heures de repos, ce qui réduisait considérablement le temps disponible pour dormir. Les trajets vers les vestiaires peuvent parfois prendre des heures, et les règles fédérales en matière de travail et de repos imposent une période de repos de 6 à 8 heures entre les quarts de travail. 

Parmi les autres changements qui ne sont pas liés à la sécurité, mentionnons une augmentation de salaire de 8 % (2,5 % / 2,5 % / 3 %), conforme aux normes du secteur, pendant la durée de la convention de trois ans avec effet rétroactif au 23 juillet 2019. Les travailleurs-euses recevront également une prime de ratification imposable de 1000 $. Les assurances ont également été bonifiées. 

Le syndicat n’a pas réussi à éliminer le plafond viager des paiements d’assurances, mais a plutôt convaincu l’entreprise de le relever de 60 000 à 75 000 dollars. À moins que le gouvernement fédéral ne mette en place un programme universel d’assurance-médicaments, cette question reviendra probablement sur le tapis lors du prochain cycle de négociations.

Cette nouvelle convention collective prendra fin le 22 juillet 2022.

Mentions spéciales

« Ces combats ne sont jamais faciles. J’aimerais remercier le comité de négociations pour leur travail acharné et pour avoir fait face à l’adversité pendant la grève de huit jours,” a dit Ray Donegan, président de comité de négociations. 

Les Teamsters tiennent de nouveau à remercier le premier ministre Justin Trudeau d’avoir respecté le droit de grève des travailleuses et travailleurs. Le syndicat tient également à remercier la ministre du Travail Filomena Tassi, le ministre des Transports Marc Garneau et le Service fédéral de médiation et de conciliation (SFMC). Ils ont beaucoup contribué à aider les parties à trouver un terrain d’entente.

« Les gouvernements précédents violaient régulièrement le droit de grève des travailleurs dans l’industrie ferroviaire. Ce gouvernement est demeuré calme et s’est efforcé d’aider les parties à conclure une entente, et cela a fonctionné, » a ajouté M. Laporte.

Les Teamsters représentent près de 125 000 membres au Canada dans tous les secteurs, dont plus de 16 000 dans l’industrie ferroviaire. La Fraternité internationale des Teamsters, à laquelle Teamsters Canada est affiliée, compte 1,5 million de membres en Amérique du Nord.

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Renseignements:
Christopher Monette
Directeur des affaires publiques
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